5 à 8 % pour débuter — et ce chiffre ne veut rien dire sans le nom de l’acide. Un acide glycolique à 8 % et un acide mandélique à 8 % ne produisent pas le même effet sur la peau, parce que la taille de leur molécule diffère du simple au double. Cette page prend les trois acides un par un.
Ce qui décide vraiment : la taille de la molécule
Les alpha-hydroxy acides, ou acides alpha-hydroxylés, agissent en défaisant les liaisons entre les cellules mortes de la surface. Leur action reste superficielle.
Plus la molécule est petite, plus elle pénètre vite et profond. L’acide glycolique est le plus petit de tous, l’acide mandélique le plus gros.
À dose égale, un acide glycolique agit donc plus fort et irrite davantage. C’est la donnée que les emballages ne mettent jamais en avant.
Le pH compte aussi : ces acides ne travaillent qu’en milieu acide, autour de 3,5 à 4. Une formule mal tamponnée ne donne rien, quel que soit son dosage.
Acide glycolique : 5 à 8 % pour commencer
C’est le plus puissant, le plus étudié, et celui qui exige la plus grande prudence. Il est issu de la canne à sucre.
Commencez à 5 %, deux soirs par semaine. Le passage à 8 ou 10 % se fait après deux mois, si la peau suit.
Les dosages supérieurs existent en cosmétique jusqu’à un plafond réglementaire, mais ils n’apportent pas grand-chose à un usage domestique. Les peelings professionnels travaillent entre 20 et 70 %, avec une préparation et un suivi.
Sur peau grasse et épaisse, c’est le meilleur choix. Sur peau fine ou réactive, un autre acide convient mieux.
Acide lactique : 5 à 10 %, plus doux
Sa molécule est plus grosse, donc son action moins profonde. Il présente en outre une particularité utile : c’est un humectant, qui retient l’eau en même temps qu’il exfolie.
C’est l’acide de choix pour une peau sèche ou déshydratée, qui supporte mal l’assèchement d’une exfoliation. À 5 %, il convient à presque toutes les peaux.
À 10 %, le teint et la texture s’améliorent nettement après six semaines. C’est un dosage confortable pour un usage régulier.
On le trouve aussi dans des soins « nuit » à faible dose, autour de 2 %, pour un usage quotidien. Cet emploi se défend et demande simplement plus de temps.
Acide mandélique : 5 à 10 %, le mieux toléré
La plus grosse molécule des trois, issue de l’amande amère. Elle pénètre lentement, ce qui répartit son action dans le temps et calme les réactions.
C’est le bon choix pour une peau sensible qui veut essayer un exfoliant sans prendre de risque. Beaucoup de peaux réactives le tolèrent là où le glycolique échoue.
Il présente un intérêt supplémentaire sur les peaux mates et foncées, où le risque d’hyperpigmentation post-inflammatoire est plus élevé. Sa lenteur limite ce risque.
À 10 %, il agit plus modestement qu’un glycolique à 8 %. C’est le prix de la tolérance.
Combien en appliquer
Trois à quatre gouttes de sérum pour le visage, ou l’équivalent d’une noisette pour une crème. La quantité n’a pas besoin d’être généreuse.
Un toner s’applique à la main plutôt qu’au coton, qui en absorbe la moitié et frotte sans nécessité.
Évitez le contour des yeux, les ailes du nez et les commissures. Ces zones concentrent les réactions.
Un soin hydratant suit dix minutes plus tard. Cet intervalle réduit sensiblement l’irritation sans diminuer l’effet.
La fréquence compte plus que la concentration
Deux applications hebdomadaires à 5 % font mieux que quatre à 10 % pour une peau qui débute. C’est la règle la plus utile de cette page.
Beaucoup de peaux restent à deux fois par semaine indéfiniment, et obtiennent des résultats parfaitement corrects. La régularité pèse davantage que l’intensité.
Une peau qui pèle ou qui rougit au réveil signale un excès. Espacez, et reprenez quand le confort est revenu.
Cumuler les acides : la dose totale
Un nettoyant à l’acide glycolique, un toner exfoliant et un sérum aux AHA s’additionnent. Comptez la dose totale, pas le pourcentage de chaque produit pris isolément.
Un acide à la fois suffit. Cumuler un AHA et un acide salicylique le même soir multiplie l’irritation sans améliorer le résultat.
Le rétinol se garde pour un autre soir. Ces actifs sollicitent la peau différemment et leurs effets se cumulent.
Ce que la concentration ne change pas
Le besoin d’une protection solaire quotidienne. Ces acides augmentent la sensibilité aux UV pendant plusieurs jours, et sans écran solaire le bénéfice s’annule.
Le délai. Comptez six à huit semaines avant de juger le teint et la texture, quelle que soit la dose.
Et la nature de l’actif. Face à une acné inflammatoire ou à une rosacée, ces acides n’ont pas valeur de soin : sur ces terrains, ils sont au mieux inutiles.
La fréquence pèse plus que le pourcentage
Un dosage moyen appliqué régulièrement donne davantage qu’un dosage fort utilisé par à-coups, parce que la surface se renouvelle en continu. Un peeling à l’acide lactique se situe dans la fourchette haute du lactique, ce qui suppose une à deux fois par semaine, pas davantage.
La série « Quelle concentration, combien de gouttes »
La bonne dose ne se devine pas : elle dépend de l ingrédient, de sa forme et du type de peau. Cette série reprend chaque actif un par un.
- Beurre de karité : quelle concentration et quelle quantité
- Huile d’argousier : quelle concentration et combien de gouttes
- Vitamine C : quelle concentration et combien de gouttes
- Aloe vera : quelle concentration et combien de gouttes
- Rétinol : quelle concentration et combien de gouttes
- Bakuchiol : quelle concentration et combien de gouttes
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