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Module 2 de l'Académie de la Peau : lire son profil cutané, entre type durable et état passager MODULE 2 · ACADÉMIE DE LA PEAU Son profil cutané distinguer le type durable de l'état passager
Objectif du module

Reconnaître votre peau sans l'enfermer dans une étiquette.

Ce module vous apprend à séparer trois choses que l'on confond presque toujours : le type (la nature durable de votre peau), l'état (ce qu'elle vit cette semaine) et la préoccupation visible (ce qui vous dérange dans le miroir). Vous comprendrez pourquoi une peau peut être sèche et brillante le même jour, réactive sans être allergique, ou mature sans avoir besoin d'une routine à huit étapes.

Niveau : Fondations · Lecture de peauDurée estimée : 20 à 35 minPré-requis : aucun, sauf curiositéExercice inclus : protocole d'observation sur 3 jours

Ce que vous saurez faire : tenir une grille de lecture en trois couches, mener le protocole d'observation des 3 jours, et traduire vos notes en choix de textures.

À retenir : une routine juste ne commence pas par un produit, elle commence par une observation datée.

Comprendre son profil cutané : type, état et préoccupations

Votre peau n'est pas une catégorie figée. Ce module sépare le type — sa nature — de l'état — ce qu'elle vit aujourd'hui — pour cesser de suivre des règles génériques et choisir selon la peau que vous avez réellement, saison après saison.

10 chapitres · Accès libre · Du fondamental à l'expertise

L'essentiel de ce module
  • Le type se lit sur des mois et change lentement ; l'état se lit sur des jours et change vite. Une même personne peut être « type mixte, état déshydraté » en février et « type mixte, état terne » en septembre.
  • Le seul test fiable est répété : le protocole d'observation sur 3 jours décrit plus bas (relevés à H+2 après nettoyage, puis test du mouchoir à 15 h) sépare ce qui revient tous les jours de ce qui n'arrive qu'une fois.
  • Brillance ne veut pas dire hydratation : une peau peut produire beaucoup de corps gras en surface et manquer d'eau dans les couches supérieures. Ce sont deux lectures différentes, sur deux échelles différentes.
  • Le tableau des 8 profils donne, pour chacun, la sensation attendue à H+2, le résultat du test du mouchoir, la texture qui convient et le nombre de gouttes d'huile de figue de Barbarie à envisager le soir.
  • La lecture cosmétique a une frontière nette : dès qu'il s'agit de lésions cutanées durables, de plaques ou de démangeaisons persistantes, la question sort de l'Académie et relève d'un avis médical.

Trois couches de lecture, pas une étiquette

La plupart des conseils que l'on trouve en ligne posent une question unique — « quel est votre type de peau ? » — et déduisent tout le reste. C'est une simplification coûteuse : elle explique mal pourquoi une peau réputée grasse tiraille en janvier, ou pourquoi une routine impeccable en mars devient inconfortable en novembre. La grille que nous utilisons dans l'Académie sépare volontairement trois couches, parce qu'elles n'évoluent pas au même rythme et qu'elles n'appellent pas les mêmes gestes.

Couche 1 · Le type

Ce qui bouge en années

Sèche, normale, mixte ou grasse : le type décrit la façon dont votre peau produit et retient ses corps gras de surface. Il dépend largement de votre héritage familial, de votre âge et de votre terrain hormonal. Il se lit sur plusieurs semaines de relevés cohérents, jamais sur une seule journée.

Couche 2 · L'état

Ce qui bouge en jours

Déshydratée, réactive, terne, fatiguée : l'état est une situation passagère. Il répond au froid, au chauffage, à une exposition solaire prolongée, à une nuit courte, à un pic de stress, à un nettoyage trop décapant. C'est la couche sur laquelle une routine agit le plus vite et le plus visiblement.

Couche 3 · La préoccupation

Ce que vous voyez

Pores marqués, teint irrégulier, ridules, manque d'éclat, imperfections à l'âge adulte : ce sont les motifs concrets qui vous amènent à chercher un soin. Une même préoccupation peut naître de types très différents — d'où l'intérêt de la situer après les deux premières couches, jamais avant.

La règle pratique tient en une phrase : on choisit une texture pour le type, un actif pour l'état, une attention pour la préoccupation. Une peau de type sec en état de déshydratation n'a pas besoin de deux crèmes riches ; elle a besoin d'une texture riche (type) plus d'un apport d'eau retenu en surface (état). Inversement, une peau de type gras en état de déshydratation ne se corrige pas avec un baume épais : elle demande une base fluide et un humectant, pas davantage de corps gras.

Pourquoi la confusion type / état coûte si cher

Un exemple revient sans cesse dans les questions que nous recevons : « ma peau brille mais elle tiraille, je ne comprends pas ». Il n'y a pourtant aucune contradiction. La brillance renseigne sur la quantité de corps gras présents en surface ; le tiraillement renseigne sur la teneur en eau des couches superficielles et sur l'état de la barrière cutanée. Les deux indicateurs sont indépendants. On peut avoir beaucoup de l'un et peu de l'autre, comme un sol peut être luisant de pluie et rester dur en profondeur.

La conséquence est très concrète. Lue comme un type gras, cette peau reçoit des nettoyants dégraissants et des textures ultra-légères ; l'inconfort augmente, la brillance revient plus vite, et l'on conclut à tort qu'il faut décaper davantage. Lue comme un état de déshydratation sur un type mixte, la même peau reçoit un nettoyage doux, un apport d'eau et une fine couche de corps gras pour la retenir : le confort revient en quelques jours et la brillance se stabilise. Même peau, deux lectures, deux trajectoires opposées.

Le protocole d'observation des 3 jours

Voici l'exercice central du module. Il ne demande aucun matériel particulier : de l'eau tiède, un nettoyant doux, deux mouchoirs en papier, un carnet ou une note sur votre téléphone. Son principe est simple — observer la peau sans soin pendant un temps mesuré, aux mêmes heures, trois jours de suite — et c'est précisément la répétition qui sépare le type de l'état. Un relevé isolé ne prouve rien ; trois relevés concordants dessinent une tendance.

Choisissez trois jours ordinaires : pas de veille de voyage, pas de lendemain de nuit blanche, pas de séance de sauna ni de longue exposition solaire au milieu. L'idée est de photographier votre peau au repos, pas dans un moment exceptionnel.

Protocole NOPAL — trois jours, deux relevés horodatés par jour et un bilan écrit
Moment Geste exact Ce que vous notez
Jour 1 — 8 h 00 Nettoyage à l'eau tiède avec un produit doux, séchage en tamponnant. Puis aucun soin pendant 2 heures. À 10 h 00 précises : note de tiraillement de 0 (aucun) à 3 (net et permanent), joues et zone T séparément.
Jour 1 — 15 h 00 Test du mouchoir : appuyez un mouchoir en papier 10 secondes sur le front et le nez, puis 10 secondes sur une joue. Trace grasse : absente / légère / nette. Notez les deux zones, elles diffèrent souvent.
Jour 2 — mêmes heures Répétez à l'identique, après une nuit avec votre soin habituel. Ne changez rien d'autre. Mêmes deux notes. L'écart avec le Jour 1 mesure l'effet réel de votre routine actuelle.
Jour 3 — mêmes heures Répétez une dernière fois, après une nuit avec 2 gouttes d'huile végétale en dernière couche sur peau légèrement humide. Mêmes deux notes, plus une ligne libre : confort au réveil, aspect du teint, éventuel excès de matière.
Jour 3 — 21 h 00 Bilan écrit en trois lignes, carnet ouvert devant vous. Ligne 1 : ce qui s'est répété les 3 jours. Ligne 2 : ce qui n'est apparu qu'une fois. Ligne 3 : la zone la moins confortable.

Lire vos notes : la clé de lecture

Reprenez vos trois relevés et appliquez ces quatre règles, dans cet ordre :

  1. Ce qui revient les 3 jours appartient au type. Un tiraillement noté 2 ou 3 sur les joues à chaque relevé oriente vers un terrain sec, quelle que soit la brillance mesurée l'après-midi.
  2. Ce qui n'apparaît qu'une fois appartient à l'état. Une rougeur ou un inconfort présent le Jour 2 seulement raconte votre semaine — un froid vif, une nuit courte, un produit nouveau — pas votre nature.
  3. Un écart marqué entre les zones signe une peau mixte. Mouchoir net sur le front et le nez, mouchoir sec sur les joues, trois jours de suite : c'est la signature la plus fiable du profil mixte.
  4. Tiraillement élevé ET mouchoir net le même jour : lisez « déshydratation ». C'est la combinaison qui trompe le plus de monde. Elle appelle de l'eau retenue en surface, pas un dégraissage supplémentaire.

Conservez ce carnet. Refait à trois mois d'intervalle — par exemple en février puis en juin — le même protocole montre noir sur blanc la part saisonnière de votre profil. C'est le document le plus utile que vous puissiez avoir sur votre peau, et il ne coûte rien.

Les huit profils, colonne par colonne

Ce tableau est la traduction directe de vos relevés. Les quatre premières lignes décrivent des types ; les quatre suivantes des états, des terrains ou des évolutions, qui viennent se superposer à n'importe quel type. Les quantités d'huile indiquées valent pour le visage entier, le soir, sur peau légèrement humide, en dernière couche — elles se retrouvent à l'identique dans la foire aux questions plus bas.

Grille de lecture NOPAL — huit profils, cinq critères observables
Profil Sensation à H+2 sans soin Test du mouchoir à 15 h Grain et pores Texture qui convient Huile de figue de Barbarie, le soir
Normale (type) Tiraillement 0 à 1, confort stable Trace légère au centre, joues sèches Régulier, pores discrets sur le nez Émulsion légère, routine courte 2 gouttes, 3 à 4 soirs par semaine
Mixte (type) Tiraillement 1 à 2 sur les joues, 0 au centre Trace nette front et nez, mouchoir sec sur joues Contrasté : pores marqués en zone médiane Gel-crème partout, corps gras ciblés sur les joues 2 gouttes, appliquées joues et contour, pas sur le nez
Grasse (type) Tiraillement 0, film qui se reforme vite Trace nette sur les deux zones Pores visibles jusque sur les joues hautes Fluide non occlusive, nettoyage doux deux fois par jour 2 gouttes en fin de routine, jamais en couche épaisse
Sèche (type) Tiraillement 2 à 3, déjà installé bien avant H+2 Mouchoir sec partout Fin, parfois rugueux au toucher Crème riche ou baume, superposition eau puis corps gras 4 gouttes, tous les soirs
Déshydratée (état) Inconfort et ridules fines qui s'estompent après application Variable — peut être net malgré l'inconfort Inchangé par rapport à votre habitude Sérum humectant d'abord, corps gras ensuite pour retenir 3 gouttes par-dessus le sérum, pendant 10 à 14 jours
Sensible (terrain) Chaleur diffuse, picotements passagers, rougeur qui monte Le plus souvent sec Fin, réseau de vaisseaux sanguins parfois apparent Formule courte, sans parfum, un seul produit nouveau à la fois 2 gouttes, après un test au pli du coude pendant 48 h
Mature (évolution) Tiraillement 1 à 2, sensation de finesse Trace faible Grain assoupli, pores élargis par endroits Crème nourrissante, protection solaire quotidienne 4 gouttes, visage et cou compris
Terne (état) Peu ou pas d'inconfort, mais teint gris au réveil Trace faible à légère Irrégulier, la lumière accroche mal Exfoliation douce 1 fois par semaine, sommeil et lumière du jour 3 gouttes, massées 60 secondes pour raviver l'éclat

Lecture : une même personne peut cocher la ligne « mixte » (son type) et la ligne « déshydratée » (son état du moment). Les deux se combinent — on garde la texture du type et on ajoute le geste de l'état.

Les 10 chapitres de ce module

Chaque chapitre reprend un profil et le déplie : ce qui le caractérise, ce qui l'aggrave, les gestes qui lui conviennent et les textures à privilégier. Commencez par le premier si vous découvrez le sujet, ou allez directement au profil que le tableau ci-dessus vous a désigné.

01
Comprendre son type de peau
Les quatre grands types, ce qui les détermine et les tests d'observation qui permettent de se situer sans se tromper.
02
Type de peau vs état de peau
La distinction fondatrice : ce qui dure des années, ce qui passe en quelques jours, et pourquoi tout en dépend.
03
Peau sèche
Un manque durable de corps gras : reconnaître le tiraillement précoce et bâtir une routine réellement nourrissante.
04
Peau grasse
Pourquoi décaper entretient la brillance, et comment alléger l'aspect de surface sans agresser la barrière cutanée.
05
Peau mixte
Deux territoires sur un même visage : l'art d'appliquer des textures différentes selon les zones, sans complexifier.
06
Peau sensible
Un seuil de réaction plus bas : simplifier les formules, introduire un produit à la fois, tester avant d'adopter.
07
Peau mature
Ce qui change avec les années, ce qui n'a jamais changé, et la place centrale de la protection solaire quotidienne.
08
Peau déshydratée
L'état le plus fréquent et le plus mal lu : manquer d'eau tout en produisant beaucoup de corps gras.
09
Peau terne
Quand la lumière n'accroche plus : grain irrégulier, sommeil, saison, et les gestes qui redonnent de l'éclat.
10
Peaux à imperfections adultes
Après 25 ans, les imperfections ne se lisent plus comme à l'adolescence : rythme, zones et douceur des gestes.

Ce qui fait bouger votre peau d'une semaine à l'autre

Si vos trois relevés ne se ressemblent pas, ce n'est pas un échec du protocole : c'est l'information la plus intéressante. Cela signifie que votre peau réagit fortement à son environnement, et qu'il faut chercher le facteur avant de changer de produit. Six leviers expliquent l'immense majorité des variations d'aspect que nous voyons décrites dans les messages des lectrices et lecteurs.

La saison et l'air intérieur

Le froid extérieur et l'air chauffé des intérieurs assèchent l'atmosphère. Une pièce chauffée à 22 °C en hiver descend souvent sous 35 % d'humidité relative, contre 50 à 60 % au printemps. La peau perd plus d'eau en surface, tire davantage, et les textures qui convenaient en juin paraissent insuffisantes en janvier. Adapter la richesse de sa crème à la saison n'est pas un caprice marketing, c'est la réponse logique à un changement mesurable de l'air ambiant.

L'exposition solaire

L'exposition solaire modifie l'aspect de surface à court terme — teint plus uniforme quelques jours, puis grain plus épais — et pèse sur le long terme davantage que n'importe quel soin. La façon dont votre peau réagit au soleil dépend de son phototype, une classification en six catégories proposée par le dermatologue Thomas B. Fitzpatrick et fondée sur la réaction aux premières expositions (rougeur, hâle) plutôt que sur la seule couleur de peau observée à l'œil. Connaître le vôtre aide à calibrer votre protection quotidienne, sans changer quoi que ce soit d'autre à votre routine.

Le rythme de vie et le stress

Le stress et le manque de sommeil se voient sur le teint avant de se voir ailleurs. La peau est un organe irrigué par un réseau dense de vaisseaux sanguins ; une nuit courte modifie la microcirculation de surface et donne ce teint gris, un peu plat, que l'on remarque au réveil. Aucun soin cosmétique ne remplace deux nuits pleines. En revanche, une routine simple et régulière tient le confort pendant que le reste se remet en ordre.

L'hygiène du visage — trop, c'est trop

C'est l'erreur la plus répandue et la plus facile à corriger. Une hygiène excessive — nettoyants moussants agressifs, eau très chaude, gommage trois fois par semaine, lingettes matin et soir — fragilise la barrière cutanée et entretient exactement ce que l'on cherchait à faire disparaître. Deux nettoyages doux par jour suffisent à la grande majorité des visages ; un seul, le soir, convient très bien aux peaux sèches ou réactives. Le cuir chevelu suit la même logique : espacer les lavages s'accompagne souvent d'un meilleur confort, sans rien ajouter d'autre.

L'alimentation et l'hydratation quotidienne

Une alimentation variée, riche en fruits, légumes et corps gras de qualité, apporte les vitamines et acides gras que le corps humain utilise partout, y compris dans les tissus de surface. Nous n'irons pas plus loin : promettre un effet visible sur la peau à partir d'un aliment précis serait malhonnête. Retenons la version prudente et vraie — une carence installée finit par se voir, une alimentation équilibrée fait partie du décor d'une peau confortable, et boire suffisamment reste utile pour l'organisme entier même si l'on ne « réhydrate » pas sa peau par le seul verre d'eau.

Les changements de produits

Un profil cutané ne se lit pas au milieu d'un changement de routine. Si vous avez introduit deux nouveautés la semaine dernière, vous ne saurez jamais laquelle explique quoi. La règle NOPAL est stricte : un seul produit nouveau à la fois, pendant au moins 14 jours, en gardant tout le reste identique. C'est long, c'est frustrant, et c'est la seule méthode qui produise une information exploitable.

La barrière cutanée, socle de toutes les lectures

Derrière les huit profils du tableau se cache une même structure. La peau est le plus grand organe du corps humain et sa première interface avec l'extérieur. Sa couche la plus superficielle, cornée, fonctionne comme un mur : des cellules aplaties tiennent lieu de briques, un ciment de lipides comble les joints. C'est ce mur que l'on appelle la barrière cutanée. Quand il est en ordre, l'eau reste à l'intérieur, les agresseurs extérieurs restent dehors, et la peau se comporte de façon prévisible.

Quand ce ciment s'appauvrit — froid, nettoyage trop décapant, frottements, produits mal tolérés — le mur laisse passer davantage d'eau vers l'extérieur et davantage de substances vers l'intérieur. Résultat : inconfort, sensation de chaleur, réactions à des produits jusque-là bien supportés. C'est le mécanisme commun derrière la plupart des états passagers décrits plus haut, et c'est pourquoi la réponse cosmétique commence presque toujours par la même chose : simplifier, apaiser l'apparence de la surface, laisser le mur se reconstituer.

La peau participe aussi, avec le système immunitaire, à la défense de l'organisme, et abrite un écosystème de micro-organismes qui lui est propre. Ce niveau de lecture dépasse largement le champ cosmétique : nous le mentionnons pour situer les limites de ce module, pas pour en tirer des promesses. Une bonne routine ne « répare » rien — elle crée les conditions dans lesquelles la peau retrouve son confort et son aspect habituels.

Où intervient l'huile de figue de Barbarie

L'huile issue des graines de figue de Barbarie est connue pour sa richesse en acides gras insaturés et en vitamine E naturelle. Chez NOPAL LIFE, elle occupe une place précise dans la lecture des profils : c'est une dernière couche, pas une base. Appliquée sur peau légèrement humide, en fin de routine, elle aide à limiter l'évaporation de l'eau déposée juste avant. C'est aussi la raison pour laquelle les quantités du tableau varient de 2 à 4 gouttes : on ne dose pas selon l'envie, on dose selon ce que la couche précédente a besoin de retenir.

Un point d'attention issu de notre courrier : la grande majorité des lectrices qui trouvent l'huile « trop grasse » nous décrivent le même geste — application sur peau parfaitement sèche, en début de routine. Interverti — hydratation d'abord, huile ensuite, sur peau encore humide — le même produit devient confortable. Le geste compte autant que la formule. Vous trouverez le détail des matières premières dans notre référentiel des ingrédients naturels.

Six erreurs de lecture, et comment les éviter

1. Se juger le matin, devant la glace

Au réveil, la peau sort de huit heures d'occlusion sous un soin de nuit. Elle n'est représentative de rien. Le relevé à H+2 après nettoyage existe précisément pour éviter ce biais.

2. Confondre réactivité et allergie

Une peau qui rougit au froid ou picote sous un parfum est réactive. Ce n'est pas une allergie, qui est un mécanisme différent et se confirme auprès d'un professionnel de santé, jamais dans une salle de bain.

3. Changer de routine tous les quinze jours

Une routine a besoin de 4 à 6 semaines pour montrer ce qu'elle donne. Enchaîner les nouveautés ne fait qu'empêcher toute conclusion — et fragilise souvent la surface au passage.

4. Traiter la zone T comme tout le visage

Sur une peau mixte, appliquer partout ce qui convient au nez assèche les joues, et l'inverse alourdit le front. Deux textures sur un même visage, ce n'est pas de la complication : c'est de la précision.

5. Prendre une étiquette pour une identité

« Je suis une peau grasse » est une phrase qui fige. « Ma peau est de type mixte et elle est déshydratée en ce moment » est une phrase qui permet d'agir. Le vocabulaire que vous employez oriente vos décisions.

6. Ignorer le cou et le contour

Le cou et le contour de l'œil ont une peau plus fine, souvent d'un état différent du reste du visage. Les relever séparément dans votre carnet évite d'appliquer partout la même conclusion.

Où s'arrête la lecture cosmétique

Cette frontière est essentielle et nous la posons franchement. Tout ce que vous venez de lire relève du soin cosmétique, dont la définition européenne est précise : un produit destiné à être mis en contact avec les parties superficielles du corps, en vue de les nettoyer, de les parfumer, d'en modifier l'aspect, de les protéger ou de les maintenir en bon état. Modifier l'aspect et le confort : rien de plus, rien de moins.

En conséquence, un certain nombre de situations sortent complètement du champ de ce module et de l'Académie. Une rougeur bien délimitée qui persiste, une zone qui gratte durablement sur le visage ou le cuir chevelu, une modification rapide d'un grain de beauté, une atteinte des ongles ou toute manifestation étendue : ces signes appellent un avis médical, pas un changement de crème. Ce qui porte un nom se reconnaît et se prend en charge auprès de professionnels de santé, jamais par une lecture d'aspect faite chez soi ni par un questionnaire en ligne.

Cela ne rend pas ce module inutile dans ces situations, au contraire : savoir décrire précisément ce que fait votre peau, à quelles heures, depuis combien de temps et dans quelles conditions, est exactement l'information qu'un professionnel vous demandera. Votre carnet de trois jours a alors une seconde vie, et il fait gagner du temps à tout le monde.

Questions fréquentes

Mon type de peau peut-il changer avec le temps ?

Oui, mais lentement, et surtout à l'occasion de grandes transitions de la vie : adolescence, grossesse, ménopause, déménagement dans un climat très différent. Une peau de type gras à vingt ans devient fréquemment mixte à quarante. Ce qui change d'un mois à l'autre, en revanche, n'est jamais le type — c'est l'état. Refaire le protocole des 3 jours deux fois par an suffit largement à suivre cette évolution.

Combien de gouttes d'huile de figue de Barbarie faut-il appliquer ?

Le soir, sur peau légèrement humide, en dernière couche : 2 gouttes pour une peau normale, mixte, grasse ou sensible ; 3 gouttes en période de déshydratation ou pour raviver un teint terne ; 4 gouttes pour une peau sèche ou mature, cou compris. Ces quantités correspondent au visage entier. Si votre peau brille encore après vingt minutes, retirez une goutte au prochain usage plutôt que de renoncer au produit.

Ma peau brille et tiraille en même temps : quel profil suis-je ?

C'est la signature d'une peau de type mixte ou gras en état de déshydratation. Le tiraillement parle de l'eau, la brillance parle des corps gras : deux mesures indépendantes. La réponse consiste à alléger le nettoyage, à apporter de l'eau retenue par une fine couche de corps gras, et à laisser 10 à 14 jours avant de juger. Ajouter un produit dégraissant supplémentaire aggrave presque toujours la situation.

Combien de temps avant de juger une nouvelle routine ?

Comptez 4 à 6 semaines, avec un seul produit nouveau introduit à la fois et un minimum de 14 jours entre deux introductions. Le confort, lui, se ressent souvent en quelques jours ; l'aspect du grain et l'uniformité du teint demandent davantage de patience. Notez la date de chaque changement : sans repère écrit, l'impression remplace l'observation.

Le test du mouchoir est-il fiable ?

Pris isolément, non. Répété trois jours de suite à la même heure, dans les mêmes conditions, il devient un indicateur très utile — non pas parce qu'il mesure quelque chose avec précision, mais parce qu'il compare des situations comparables. C'est tout le principe du protocole : la fiabilité vient de la répétition, pas de l'instrument.

Une peau sensible est-elle forcément sèche ?

Non. La sensibilité est un terrain — un seuil de réaction plus bas — qui peut se superposer à n'importe quel type, y compris une peau grasse. On rencontre régulièrement des peaux grasses et réactives, pour lesquelles la difficulté consiste à alléger la surface sans employer de formules décapantes. Dans ce cas, testez tout nouveau produit au pli du coude pendant 48 heures avant de l'appliquer sur le visage.

Faut-il changer toute sa routine à chaque saison ?

Non : on ajuste, on ne remplace pas. Le type ne bouge pas d'un solstice à l'autre, donc la logique de votre routine reste la même. Ce qui change, c'est la richesse de la texture et parfois le nombre de gouttes d'huile — une de plus en hiver, une de moins en été. Deux réglages suffisent là où beaucoup refont tout leur meuble de salle de bain deux fois par an.

Glossaire du module

Type de peau
Nature durable de la peau — sèche, normale, mixte ou grasse — déterminée par sa façon de produire et de retenir ses corps gras de surface. Elle évolue en années, pas en semaines.
État de peau
Situation passagère qui se superpose au type : déshydratation, réactivité, teint terne, fatigue. Elle répond à la saison, au rythme de vie et aux produits utilisés.
Barrière cutanée
Couche la plus superficielle de la peau, faite de cellules aplaties liées par un ciment de lipides. Elle limite la perte d'eau vers l'extérieur et l'entrée de substances indésirables.
Film hydrolipidique
Fine émulsion d'eau et de corps gras présente à la surface. C'est lui que l'on perturbe avec un nettoyage trop agressif, et lui que l'on cherche à préserver avec des textures adaptées.
Hydratation
Apport et maintien de l'eau dans les couches superficielles. Elle combine des humectants, qui attirent l'eau, et des corps gras, qui la retiennent. Les deux sont nécessaires.
Nutrition
Apport de corps gras à une peau qui en manque. Une peau sèche se nourrit ; une peau déshydratée s'hydrate. Confondre les deux explique la plupart des routines inefficaces.
Sérum
Soin concentré et fluide appliqué avant la crème pour répondre à un besoin précis : hydratation, éclat, confort. Il ne remplace jamais la couche qui le scelle.
Phototype
Classification en six catégories décrivant la réaction de la peau aux premières expositions solaires. Elle guide le niveau de protection quotidienne à adopter.
Zone T
Bande formée par le front, le nez et le menton, souvent plus riche en corps gras que les joues. C'est l'écart entre cette zone et le reste du visage qui signe une peau mixte.

Références : Fitzpatrick T. B., « The validity and practicality of sun-reactive skin types I through VI », Archives of Dermatology, vol. 124, n° 6, 1988, p. 869-871 (classification des phototypes). — Règlement (CE) n° 1223/2009 du Parlement européen et du Conseil relatif aux produits cosmétiques, article 2 (définition du produit cosmétique).

L'Académie de la Peau NOPAL LIFE propose des contenus informatifs et éducatifs à visée cosmétique. Elle ne remplace pas un avis médical, un diagnostic ou une consultation dermatologique. En cas de signe cutané persistant, de réaction importante ou de doute, consultez un professionnel de santé qualifié.

© NOPAL LIFE — Académie de la Peau. Tous droits réservés. Toute reproduction, adaptation, traduction, extraction ou réutilisation, même partielle, est interdite sans autorisation écrite préalable.

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Vous avez vos trois relevés ? Reliez-les à un profil et à une routine en quelques minutes.

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