La peau des hommes est en moyenne 20 % plus épaisse et plus dense en collagène que celle des femmes : les premières rides arrivent souvent plus tard, mais elles se creusent davantage. L'essentiel du résultat tient à quatre gestes — protéger du soleil, hydrater matin et soir, adapter le rasage, soigner son hygiène de vie. Un essai randomisé australien mené sur 903 adultes pendant 4,5 ans a mesuré environ 24 % de signes de vieillissement en moins chez ceux qui appliquaient une protection solaire tous les jours. Aucune crème ne fait mieux, et aucun cosmétique ne remplace un avis médical.
Reste à savoir ce que votre peau demande vraiment : brillance à 14 h, tiraillement après la lame ou front qui se marque n'appellent ni les mêmes textures ni le même rythme. Le diagnostic Skin Intelligence part d'un état des lieux plutôt que d'une supposition.
- Six différences mesurées entre hommes et femmes — épaisseur, collagène, sébum, pilosité, rasage, réflexe solaire — et l'effet de chacune sur le choix d'une texture.
- Le classement par rendement : quatre leviers notés sur l'effort quotidien, le délai avant effet perçu et le niveau de preuve. Le SPF arrive premier, loin devant le reste.
- Le protocole 4 minutes : 90 secondes le matin, 150 le soir, doses en gouttes et en noisettes.
- Le calendrier 90 jours : un changement à la fois, trois contrôles datés, une photo de référence à J0.
- Le tableau rasage : ce qui change selon qu'on passe la lame chaque jour, deux à trois fois par semaine, ou qu'on garde une barbe courte ou pleine.
- Rétinol ou bakuchiol : deux actifs comparés sur la tolérance et la compatibilité avec un menton rasé de près.
- La figue de Barbarie est traitée ici comme une finition du soir, 2 à 3 gouttes, jamais comme un substitut de SPF.
- Lésion qui saigne ou grain de beauté qui change : c'est un dermatologue qu'il faut.
Six écarts réels entre les deux physiologies
Les gammes étiquetées « men » vendent souvent une différence d'emballage plus qu'une différence de formule. Des écarts biologiques existent pourtant, avec des conséquences pratiques.
Le travail de référence reste celui de Shuster et ses collègues (British Journal of Dermatology, 1975) : la peau des hommes y apparaît plus épaisse et plus dense en collagène à tout âge, avec un déclin ensuite régulier — plus brutal chez la femme après la ménopause. Traduction : l'homme part avec une avance de structure, mais il la perd sans signal d'alerte.
| Paramètre | Chez l'homme | Chez la femme | Conséquence pratique |
|---|---|---|---|
| Épaisseur du derme | Environ 20 % supérieure | Référence | Les premiers signes arrivent plus tard, mais le front se creuse davantage. |
| Collagène | Densité plus élevée à tout âge, déclin régulier | Densité plus basse, déclin accéléré après la ménopause | Aucune cassure visible : la fermeté baisse sans déclencheur. |
| Production de sébum | Plus abondante, maintenue plus longtemps | Décroît plus tôt | Les crèmes riches brillent : fluides et gels s'imposent le matin. |
| Pilosité du bas du visage | Dense, follicules profonds | Fine ou absente | Les zones ne marquent pas au même rythme : le haut prend de l'avance. |
| Rasage | Environ 300 passages de lame par an chez qui se rase tous les jours | Sans équivalent | C'est elle qui décide de la tolérance de tout le reste. |
| Réflexe solaire | Nettement moins répandu | Plus fréquent et plus précoce | Le seul écart comportemental, et le plus coûteux sur trente ans. |
Épaisseur et densité d'après Shuster, Black et McVitie (1975). Le nombre annuel de rasages est une projection arithmétique.
Il ne s'agit donc pas d'autres ingrédients, mais d'autres textures et d'une prise en compte de la lame. Les besoins de fond sont universels. Détail des particularités structurelles dans notre page sur les spécificités de la peau masculine.
Les quatre leviers classés par rendement
Beaucoup de démarches échouent parce qu'elles commencent par le levier le plus visible en rayon — le sérum — au lieu du plus rentable.
| Rang | Levier | Effort quotidien | Premier effet perçu | Niveau de preuve |
|---|---|---|---|---|
| 1 | Protection solaire quotidienne, SPF 30 minimum | 20 secondes | Rien d'immédiat : le bénéfice se compte en années | Élevé — essai randomisé contrôlé sur 4,5 ans (Hughes et al., 2013) |
| 2 | Hydratation matin et soir | 40 secondes | 3 à 7 jours sur le confort et les fines lignes | Élevé sur le confort ; nul sur les rides installées |
| 3 | Hygiène de vie : sommeil, tabac, alcool, assiette | Gratuit, mais coûteux en habitudes | 2 à 4 semaines sur l'éclat du teint | Élevé pour le tabac, convergent ailleurs |
| 4 | Soins ciblés : sérum, soin contour des yeux, finition de nuit | 30 à 60 secondes | 4 à 8 semaines sur le grain et la souplesse | Variable selon l'actif et sa concentration : c'est là que le marketing parle le plus fort |
Rien n'interdit les soins ciblés : il ne faut simplement pas commencer par eux. Appliquer un sérum sophistiqué le soir et sortir sans protection le matin, c'est travailler contre soi.
Le SPF : ce que 4,5 ans d'essai clinique ont tranché
Entre 1992 et 1996, à Nambour (Queensland, Australie), 903 adultes de moins de 55 ans ont été répartis au hasard entre application quotidienne de protection solaire et application libre. Après 4,5 ans, la microtopographie a montré environ 24 % de signes de vieillissement en moins dans le groupe quotidien (Annals of Internal Medicine, 2013).
Aucun soin du marché ne dispose d'un niveau de preuve comparable. La part attribuée au soleil dans les signes visibles est par ailleurs estimée autour de 80 % (Flament et coll., 2013) : « prendre de l'âge » relève très majoritairement du photovieillissement, largement évitable. Mécanisme détaillé dans notre page sur le photovieillissement lié au soleil.
- SPF 30 au minimum, SPF 50 en cas de travail dehors, de longs trajets en voiture ou une peau claire.
- 1/4 de cuillère à café pour le visage et le cou : sous-doser divise l'indice réel.
- Toute l'année, y compris derrière une vitre : les UVA traversent nuages et verre.
- Crâne dégarni, oreilles, nuque, regard : les quatre oublis les plus fréquents.
- Renouveler toutes les deux heures en exposition prolongée seulement.
Le rasage, variable spécifiquement masculine
Passer la lame chaque matin, c'est environ 300 sollicitations mécaniques par an sur la même zone. Le rasage retire, avec le poil, une part de la couche cornée — d'où les tiraillements, les rougeurs et l'intolérance aux formules alcoolisées.
| Fréquence | Contrainte | Geste à ajouter | Texture ensuite | À éviter |
|---|---|---|---|---|
| Tous les jours | Barrière sollicitée en continu, rougeurs diffuses | Après la douche, dans le sens du poil, lame changée toutes les 5 à 7 fois | Gel apaisant sans parfum, dans les 2 minutes | Après-rasage alcoolisé, exfoliant le même jour |
| 2 à 3 fois par semaine | Poil plus long, passages appuyés, risque de poils incarnés | Exfoliation douce les jours sans lame | Fluide, puis 2 gouttes de finition le soir même | Rasage à sec, traction à contresens |
| Barbe courte entretenue | Dessous qui s'assèche, contours exposés | Nettoyer le dessous, pas seulement le poil | 3 gouttes massées à la racine | Détergents quotidiens sur la barbe |
| Barbe pleine | Aucune contrainte mécanique : tout se joue en haut | Reporter l'attention sur front, tempes et regard | Fluide léger sur le front, soin contour dédié | Croire que la barbe dispense de SPF |
La lame n'accélère pas le vieillissement, elle réduit la tolérance. Contrainte de formulation, pas fatalité. Sur les récidives, voir notre page consacrée aux poils incarnés du visage.
Le protocole 4 minutes
La partie à retenir si vous n'en gardez qu'une. Calibrée pour tenir un lundi matin, pas pour impressionner.
Matin — 90 secondes
| Temps | Geste | Dose | Détail qui change tout |
|---|---|---|---|
| 0 → 20 s | Nettoyage à l'eau tiède, gel doux | Une noisette (≈ 1 ml) | Tiède, jamais chaude : la chaleur accentue le tiraillement post-lame. |
| 20 → 45 s | Sérum ou gel à l'acide hyaluronique | 3 à 4 gouttes, ou une demi-noisette | Sur support encore humide : à sec, l'effet chute. |
| 45 → 60 s | Soin contour des yeux (facultatif avant 35 ans) | 1 goutte pour les deux yeux | Sur l'os orbitaire, à 1 cm des cils. Jamais sur la paupière mobile. |
| 60 → 90 s | Protection solaire SPF 30 ou 50 | 1/4 de cuillère à café | En dernier, sur support sec. Oreilles et nuque comprises. |
Soir — 150 secondes
| Temps | Geste | Dose | Détail qui change tout |
|---|---|---|---|
| 0 → 30 s | Nettoyage — obligatoire | Une noisette | C'est le soir qu'on retire SPF, particules et sébum. |
| 30 → 60 s | Sérum ciblé selon le besoin | 3 gouttes | Un seul actif nouveau à la fois, sinon rien n'est évaluable. |
| 60 → 105 s | Crème de nuit | Une noisette | On remonte du cou vers la mâchoire, devant les oreilles comprises. |
| 105 → 135 s | Finition huileuse, si sécheresse ou lame quotidienne | 2 à 3 gouttes réchauffées entre les paumes | Toujours après la crème : un corps gras scelle, il ne fait rien pénétrer. |
| 135 → 150 s | Soin contour, en tapotant | 1 goutte pour les deux yeux | Plus généreux ne fait pas mieux : ça gonfle au réveil. |
Quatre minutes par jour, soit environ 24 heures sur une année : c'est le prix réel d'une routine tenue.
Le calendrier 90 jours
L'erreur la plus répandue n'est pas de mal choisir : c'est de tout changer d'un coup, puis d'abandonner à J10 parce que « ça ne fait rien ». Un protocole non daté ne se juge pas.
| Jalon | Ce que vous faites | Ce que vous notez | Attente raisonnable |
|---|---|---|---|
| J0 | Photo de face et de trois quarts, lumière du jour, avant tout | Tiraillement noté sur 10, brillance du soir, zones marquées | Rien : c'est le point zéro, il n'existe que pour être comparé. |
| J1 → J14 | Deux gestes : hydrater matin et soir, SPF le matin | Le tiraillement post-lame, jour par jour | Confort net dès 3 à 7 jours ; fines lignes adoucies |
| J15 → J30 | On ajoute un seul produit : sérum ou soin de nuit | Tolérance : rougeur, picotement, brillance | Aucun inconfort ne doit durer plus de quelques minutes |
| J30 | Deuxième photo, conditions identiques | Comparaison côte à côte avec J0, jamais de mémoire | Teint plus homogène, réveil moins terne. Les rides ne bougent pas : normal. |
| J31 → J60 | Ajustement : plus léger si ça brille, plus riche si ça tire | Le moment du jour le moins confortable | Le geste devient automatique : vrai critère de réussite de cette phase |
| J60 | Troisième photo | Grain de la joue, front en fin de journée | Souplesse et lissé perceptibles ; rides d'expression inchangées |
| J90 | Quatrième photo, puis décision : garder, remplacer ou simplifier | Le nombre de jours réellement tenus sur 90 | Moins de 60 jours tenus ? Le problème est la routine, pas le produit. |
Ce sont les photos qui décident, pas l'impression du matin. Notre perception varie avec la lumière et la fatigue ; deux clichés pris dans les mêmes conditions à trente jours d'intervalle sont bien plus fiables.
Quelle texture pour quel type de peau
Chez beaucoup d'hommes, le sébum reste abondant longtemps : une crème riche sur une peau déjà grasse donne de la brillance, pas de la fermeté.
| Type de peau | Signe caractéristique | Matin | Soir | Finition huileuse ? |
|---|---|---|---|---|
| Peau grasse | Brillance du front et du nez dès la mi-journée | Gel à l'acide hyaluronique, fini mat | Fluide léger, sans beurre végétal | 1 goutte maximum, en local sur les zones sèches |
| Peau mixte | Zone T brillante, joues normales à sèches | Gel hydratant partout | Crème sur les joues, gel sur la zone T | 2 gouttes sur les joues seulement |
| Peau sèche | Tiraillement après nettoyage, squames | Sérum puis crème | Crème de nuit nourrissante | 3 gouttes, tous les soirs |
| Peau sensibilisée | Rougeur diffuse du cou et de la mâchoire | Fluide sans parfum ni alcool | Crème apaisante, formule courte | 2 gouttes le soir du rasage |
| Peau mature | Teint terne, marques du soir, perte de rebond | Sérum puis crème légère, SPF systématique | Crème de nuit riche + soin du regard | 3 gouttes, tous les soirs |
Si la brillance vous fait hésiter à hydrater, notre page sur la peau grasse chez l'homme lève le malentendu : une peau grasse déshydratée sécrète davantage, pas moins.
Les actifs, sans emballage marketing
| Actif | Apport | Moment | Délai réaliste | Limite |
|---|---|---|---|---|
| Acide hyaluronique | Retient l'humidité ; effet repulpant immédiat | Matin et soir, sur support humide | Immédiat à 7 jours | Sans couche par-dessus en air sec, l'effet retombe vite. |
| Glycérine | Humectant sobre et bien toléré | Matin et soir | 3 à 7 jours | Jamais mis en vitrine, alors que le rapport tolérance/résultat est excellent. |
| Rétinol | Référence sur l'apparence des rides | Le soir, SPF obligatoire le lendemain | 8 à 12 semaines | Rougeurs fréquentes au début : démarrer 2 soirs par semaine. |
| Bakuchiol | Même usage, tolérance supérieure | Le soir | 8 à 12 semaines | Exige de la constance. |
| Niacinamide | Grain plus régulier, teint homogène | Matin ou soir | 4 à 8 semaines | Au-delà d'une certaine dose, les peaux réactives picotent. |
| Vitamine C stabilisée | Éclat ; aspect des marques pigmentaires atténué | Le matin, avant le SPF | 6 à 12 semaines | Un flacon ambré après six mois d'ouverture a perdu l'essentiel de son intérêt. |
| Squalane | Limite la perte, toucher sec | Soir, en finition | Immédiat sur le confort | Il retient, il n'apporte rien de plus. |
| Huile de pépins de figue de Barbarie | Finition nourrissante, confort après la lame | Soir, dernière couche | Immédiat sur le confort, 4 à 6 semaines sur l'aspect | 2 à 3 gouttes suffisent : au-delà, c'est un film gras. |
Rétinol ou bakuchiol quand on se rase tous les jours ?
Un menton passé à la lame chaque matin tolère mal le rétinol les premières semaines : la couche cornée est déjà entamée. Deux stratégies fonctionnent. Soit démarrer deux soirs par semaine, jamais le soir d'un rasage, en montant sur huit semaines. Soit choisir le bakuchiol, mieux supporté, pour un délai comparable. Dans les deux cas, un SPF le lendemain n'est pas facultatif.
Aucun de ces actifs ne reconstruit ce qui a été perdu. Le collagène et l'élastine se raréfient avec les années, et la production de collagène ralentit : c'est un fait physiologique, pas un argument de vente. Le périmètre cosmétique — hydratation, confort, apparence de surface — est réel mais borné, notamment par le Règlement (CE) n° 1223/2009. Sur les combinaisons, voir notre page sur l'association de l'acide hyaluronique et de l'huile de figue de Barbarie.
Cernes, poches et regard fatigué
C'est souvent par là que commence l'inquiétude masculine. Trois situations se distinguent, et elles n'ont pas la même marge de progression.
- Cernes bleutés : d'origine vasculaire, accentués par le manque de sommeil. Un soin hydratant améliore l'aspect ; l'origine se corrige au lit.
- Cernes bruns : d'origine pigmentaire, souvent constitutionnels. Le SPF limite leur assombrissement au fil des expositions.
- Poches : liées à la rétention et au relâchement. Une poche installée ne relève pas d'un flacon, et aucune crème sérieuse ne le promettra.
Le geste utile reste le même : une goutte, sur l'os orbitaire, en tapotant, matin et soir. Détail des textures dans notre page sur l'anti âge du contour des yeux.
Faut-il du bio ?
Un label bio garantit une origine agricole et un mode de production, pas une performance supérieure : une crème bio mal choisie ne vaut pas mieux qu'une autre. Deux avantages pratiques reviennent cependant avec les formules bio, une liste plus courte et un parfum plus discret — appréciables sur un menton rasé de près.
Le vrai critère d'achat n'est pas le logo, mais la cohérence entre la texture, votre peau et votre fréquence de rasage. Si l'origine des ingrédients compte pour vous — et c'est légitime —, le bio devient un critère de départage, pas un critère d'entrée.
Trois produits, trois usages précis
Les hommes abandonnent les routines longues. Trois références bien utilisées valent mieux que sept employées une fois sur deux.
| Référence | Moment | Dose | Pour qui en priorité |
|---|---|---|---|
| Gel hydratant à l'acide hyaluronique, fini mat | Matin, sur support humide | Une demi-noisette | Peaux grasses et mixtes, et ceux qui refusent la sensation de film. Le fini mat passe sous le SPF sans brillance. |
| Crème de nuit à la figue de Barbarie | Soir, après nettoyage | Une noisette, visage et cou | À partir de la trentaine : elle aide à préserver une apparence souple et reposée au réveil. |
| Huile de pépins de figue de Barbarie pure | Soir, toute dernière couche | 2 à 3 gouttes | Peaux sèches, et surtout sensibilisées par une lame quotidienne. |
Pourquoi cette plante chez nous ? Ses pépins donnent un corps gras rare — il en faut une très grande quantité pour remplir un flacon —, fin, peu occlusif, bien accepté par des peaux qui rejettent d'ordinaire les textures lourdes. C'est cette finesse qui le rend utilisable au quotidien après la lame. Les données disponibles sont réunies dans notre page figue de Barbarie et rides : ce que dit la recherche.
Que faire selon la décennie
| Décennie | Ce qui se joue | Priorité | Minimum | Pour aller plus loin |
|---|---|---|---|---|
| 20-29 ans | Le capital solaire se dépense sans rien laisser voir | SPF, sans discussion | Nettoyant doux, hydratant léger, SPF 30 | Rien : à cet âge, l'accumulation ne sert à rien. |
| 30-39 ans | Premières ridules au coin de l'œil | Installer un rituel tenable dix ans | Le protocole 4 minutes complet | Sérum le matin ; crème de nuit à la place de l'hydratant |
| 40-49 ans | Les rides d'expression se fixent, le regard marque | Hydratation renforcée et soin du regard | Protocole complet + soin du regard quotidien | Un actif le soir : rétinol progressif ou bakuchiol |
| 50-59 ans | Perte de fermeté de l'ovale, sécheresse, taches | Confort, souplesse, surveillance | Protocole complet, textures plus riches le soir | Finition huileuse chaque soir ; contrôle annuel des grains de beauté |
| 60 ans et plus | Peau plus fine et plus sèche, cicatrisation plus lente | Douceur : moins de détergence, plus de corps gras | Nettoyage sans savon, crème riche, SPF | Rien de plus : simplifier vaut mieux qu'ajouter. |
L'idée qu'il serait « trop tard » est fausse : l'essai de Nambour portait sur des adultes jusqu'à 55 ans, et le bénéfice y a été mesuré pendant l'étude. Les gestes protecteurs comptent dès le jour où on les prend.
Six erreurs qui reviennent tout le temps
- Sauter le SPF en semaine. L'exposition existe sans soleil ressenti : trajets, voiture, fenêtre de bureau.
- Choisir un après-rasage alcoolisé. Le picotement est pris pour un signe d'efficacité alors qu'il signale l'inverse.
- Confondre hydrater et nourrir. Ça tire malgré une texture riche ? Il manque d'eau, pas de corps gras.
- Changer de flacon toutes les trois semaines. Aucun actif n'a rendu son verdict en vingt jours.
- Exfolier juste après la lame. Deux agressions dans la même heure : l'exfoliation se place les jours sans rasage, deux fois par semaine au maximum.
- Oublier le cou et les oreilles. Le cou trahit l'âge avant le reste : ce que vous appliquez descend jusqu'au col.
L'hygiène de vie, levier gratuit
| Facteur | Effet observé | Objectif concret | Délai |
|---|---|---|---|
| Tabac | Teint gris, plis péribuccaux marqués | Arrêt ou réduction franche | Teint : quelques semaines. Le reste ne revient pas, la dégradation s'arrête. |
| Sommeil | Cernes creusés, traits marqués au réveil | 7 à 8 heures, horaires réguliers | 3 à 5 nuits |
| Alcool | Rougeurs et gonflement matinal | Espacer, et s'hydrater en parallèle | 2 à 3 jours sur le gonflement |
| Assiette | Éclat et confort général | Végétaux variés, acides gras insaturés | 4 à 6 semaines |
| Activité physique | Teint plus lumineux, meilleur sommeil | 30 minutes, 3 à 5 fois par semaine | 2 à 4 semaines |
| Stress chronique | Traits tirés, peau plus réactive | Sommeil régulier, vraies coupures | Variable, souvent quelques semaines |
Inutile de viser la perfection : deux ou trois habitudes qui tiennent, cumulées sur dix ans, pèsent plus lourd que n'importe quel changement de flacon.
Ce que la cosmétique ne fera pas
Un cosmétique agit sur l'hydratation, le confort, la souplesse et l'apparence de surface. Il ne reconstruit pas le derme et n'efface pas une ride installée : les plis profonds du front, les taches marquées, un relâchement important de l'ovale relèvent d'une consultation. Un dermatologue vous dira ce qui est possible, et à quel prix.
Deux situations imposent un avis médical sans attendre : une lésion qui saigne, croûte ou ne se referme pas, et un grain de beauté qui change de forme, de couleur ou de taille. Les hommes consultent statistiquement plus tard que les femmes — habitude à corriger, indépendamment de toute considération esthétique.
Questions fréquentes
À quel âge commencer quand on est un homme ?
Il n'existe pas d'âge unique. Le SPF et l'hydratation sont utiles dès la vingtaine et constituent la fondation du reste. Les soins ciblés s'introduisent plutôt vers la trentaine, aux premières ridules. Plus jeune, l'accumulation n'apporte rien ; plus tard, rien n'est perdu.
Les hommes ont-ils besoin de produits différents des femmes ?
Les besoins de fond sont identiques. Ce qui diffère, ce sont les textures — une peau plus grasse supporte mal les crèmes riches — et la prise en compte de la lame. Une gamme étiquetée « men » n'apporte aucune garantie sur ces deux points.
Une crème peut-elle effacer une ride ?
Non. Elles améliorent l'aspect des fines lignes, la souplesse et le confort. Une ride installée par des années d'expression et d'exposition ne relève pas de la cosmétique, et toute promesse contraire mérite votre méfiance.
L'acide hyaluronique convient-il quand ça brille ?
Particulièrement bien : ce type de produit hydrate sans corps gras et laisse un fini mat compatible avec le SPF. Beaucoup renoncent à hydrater par crainte de la brillance, et obtiennent l'inverse de ce qu'ils cherchent.
Faut-il un soin contour des yeux dédié ?
Il devient utile vers la quarantaine, ou plus tôt si des marques s'installent au coin de l'œil. La zone est bien plus fine et une texture riche y fait des amas : une goutte pour les deux yeux, en tapotant.
Un produit cher est-il forcément meilleur ?
Le prix renseigne mal. Ce qui compte : l'adéquation de la texture, la brièveté de la formule si la lame passe tous les jours, et la régularité. Un produit modeste appliqué 85 jours sur 90 bat un flacon prestigieux appliqué un jour sur trois.
En résumé
Les hommes partent avec un avantage de structure qu'ils perdent sans signal d'alerte, et souvent sans routine pour l'accompagner. Quatre choses suffisent à infléchir la trajectoire, dans cet ordre : un SPF chaque matin, un hydratant adapté matin et soir, une lame moins agressive, une hygiène de vie qui ne travaille pas contre vous.
Le reste se décide à partir de là. Quatre minutes par jour et 90 jours avec quatre photos valent mieux que trois semaines et une impression : c'est à cette condition qu'une démarche anti âge devient tenable, et qu'elle finit par se voir.
Pour savoir ce que votre peau demande vraiment et choisir les bonnes textures, commencer mon diagnostic gratuit.
Sources : Shuster S, Black MM, McVitie E. The influence of age and sex on skin thickness, skin collagen and density. British Journal of Dermatology, 1975;93(6):639-643. — Hughes MCB, Williams GM, Baker P, Green AC. Sunscreen and prevention of skin aging: a randomized trial. Annals of Internal Medicine, 2013;158(11):781-790. — Flament F, Bazin R, Laquièze S, Rubert V, Simonpietri E, Piot B. Effect of the sun on visible clinical signs of aging in Caucasian skin. Clinical, Cosmetic and Investigational Dermatology, 2013;6:221-232. — Règlement (CE) n° 1223/2009 relatif aux produits cosmétiques (cadre des allégations et de l'évaluation de la sécurité).
Informations fournies à titre cosmétique et éducatif ; elles ne constituent pas un avis médical.
Pour aller plus loin sur ce point précis, voir notre guide Creme de jour anti age.
La série « Selon la situation »
Grossesse, voyage, peau d’homme, zone qui rougit : des cas où la routine habituelle ne suffit pas.
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